Les in-classés

Mercredi 1 juillet 2009







La tête en feu

d’un vaillant coup d’aiguille

vers le plexus,

la tête en feu

rafraîchit d’un savant compte-moutons.


À l’ordre incommensurable,

s’ordonnent les suivants ;

chiffre numérable, nombre chiffré,

la multiplication s’effectue

à la vitesse d’un mouvement vital.


Qu’on y appose une valeur, un code, un signifiant,

la multitude s’étale en longueur

au grand jour invisible de l’horizon.


Que pourrait être

le quotient de vitalité ?

Un principe moteur d’évolution ;

c’est ce que m’inspire la pluie brumeuse.


Ce qui est tumultueux, sourd, intempestif

produit, inonde, détruit, renouvelle :

ce qui est faune, flore, vision, esprit.

Je n’ai pas bougé d’un cil

au fond de moi

en observant la scène.










Mercredi 1 juillet 2009



  ***


Je suis pris du doute

qu’assaille l’exercice

des gens qui n’ont pas travaillé.


Je suis surtout pris du doute

qu’inocule l’esprit de concours

des gens qui révisent en marge.


Mais je suis surtout pris du doute

qu’inspire le comportement humain

des gens qui partagent des valeurs morales.


Mais je suis surtout autant pris du doute

d’être influencé

d’être de ceux-là.

 

 

 

 

****

 

 

 

 

J’aime le café,

la coloration de l’instant

que l’on remue en douce.


Il fait un soleil de terrasse.

(pli lumineux sur la cuillère)


L’atmosphère tempérée

n’a pas de saveur régulière,

mais je goûte la lenteur

des jours fériés.

 


 


 



Jeudi 5 février 2009

 

 




 

 


*

 

 


MOUVEMENT

 

HUMIDE

 


 


 

J’ai donné ma langue

 

à l’homme qui l’a retournée

 

en la battant comme de la viande

 


 

au milieu de la paroi buccale

 

une rotation à trois cent soixante degrés

 

emballé c’est pesé merci monsieur

 


 


 


 

LA COULEUR

 

DU MÉTIER

 


 


 

À bras retroussés

 

le regard jaune

 

il m’a toisé d’une aune

 


 

un visage de cire

 

angulaire vitreux palet

 

un quignon de pain

 

encore agité

 

sur le bout de la planche

 


 


 


 

RENTRER

 

DU BOULOT

 

 


 

Y va en camionnette blanche

 

en tirant les rideaux

 

grosse salive entre les dents

 

pour rentrer et tirer à coups de pelle

 

un vieux relent de terre


 


 


**


 


LE BOUC (émissaire)


 


J’ai rencontré une jeune

femme affable, hirsute et longue sur pattes, qui fut, ce qui me ravit

aux plus hauts anges, jusqu’à ce que dès l’aurore

du lendemain, elle devint ce qu’elle n’avait pas été,

ou pu être à mes yeux, un devenir qui avait transformé

l’être que j’idolâtrais au fond de moi-même.

Les dés en étaient jetés, autour d’une table

de cuisine. Elle m’avait offert la Dame d’un jeu de cartes banal,

en me disant : « tiens, admire-moi ! »

J’ai conservé l’image obsédante, charnelle,

délicieuse. Elle ne fut plus de la veille à l’aube,

c’est vrai : elle devenait, et ne m’intéressait

guère. Et pourtant l’image de la dame me rappelait à

elle comme un souvenir, une idéalité m’engageant vers

la matérialité physique. Au fil du temps, je confondis

la dame et la charmeuse, attiré par l’idéal, flirtant

toujours avec l’objet de mon esprit. Le jeu dura plusieurs mois,

voire quelques années, jusqu’à ce qu’elle

m’affirme, retour odieux, qu’elle n’était pas cette

dame, et qu’en tout état de cause, je ne pouvais être

roi : je devins à mon tour, valet d’un idéal

demeuré, au milieu d’un empire vide.



 

 

 

***

 

 


JE TE BÉNIS


 


Nous avons les mains


aux quatre coins des sens.




Chacune démembrée en flux ;


tout ce que les mains


peuvent voir, sentir, toucher.




Tout ce qui dénote le rapprochement


sans l’avouer.




Tout ce qui est cinq uni,


sans distanciation consciencieuse,


sans recul concentré.




Tout ce qui est cinq vital


en plus.

 

 

 

 

 

****

 

 

 

 

 

                                  CHICANE

 

 

 


 

 


 

 

                     Je n’ai rien écrit,

 

 


 

 

                    je n’ai rien osé ;

 

 


 

 


 

 

                   parce que le sexe était puissant,

 

 


 

 

                   parce que le corps tremblait,

 

 


 

 

                  parce que l’esprit devenait veule.

 

 


 

 


 

 

                 J’avais prévu un mouvement d’essai

 

 


 

 


 

 

                 dans un état non-libre.                                                                   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés