Mardi 2 septembre 2008








             Ma poésie est un crime déguisé.



             Je dis ce que je pense et ce que la société condamnerait de me voir exprimer le fondement de mes croyances et de mes réflexions sincères sur le monde.

 

Mon acte de barbarie réside dans l’écriture et le rapport précis et fouillé des actes interdits ou illicites par la Loi humaine et que j’accomplis en mesure de mon imagination, mon costume de clown.

Je cache la souillure de mon péché en combinant formellement la prose à un patchwork de mots, pour brouiller la piste des enquêteurs de la pensée que sont les psychologues, ou pis, les lecteurs.

La couverture organique du récit ne suffit pas à masquer la vérité. Je dis ce que je fais semblant de faire en réalité. Je ne fais pas en réalité ce que je dis dans le fond de mes mots.

Les mots sont autant de coups de couteaux à ma conscience. Le mal tel un abcès sur la peau s’évapore en faisant couler une rivière de sang. On a du sang sur les mains après avoir craché la nature des choses.

Je refuse de me regarder dans la glace, je prends un stylo et je rédige sur un papier en matière basique ce que je ne vois pas en réalité, ce que je voudrais voir mais ne pas faire. Je veux comprendre l’échelon qui mène de la vie à la mort.

L’horreur et la perversion résident dans le maquillage des choses de la vie.

La vie comme la mort sont en pensée.

L’arrêt de ces deux aspects de la vie sont des états de faits.

La vie est un manque de liberté.

La mort est une fin de spectacle. Elle est pure.

La pensée meure, les mots restent.

Je suis obligé de pécher. J’ai conscience du mal que je fais.

Ma comédie ou ma mise en scène cache la misère humaine.

Je prends la responsabilité de dire la faute.

Je suis dans l’erreur.

La position du poète est servile.

Il est l’esclave des désirs du genre humain.

Il observe et juge.

C’est l’instigateur des actions justes.

Il équilibre la balance entre les excès, qui causent les querelles.

Sa quête de liberté revendique le surpassement d’un système précis.

Il n’enseigne pas, il dit les choses dont le public choisit d’en vérifier et d’en accepter une vérité universelle.

Il n’impose jamais son opinion, mais doit prouver avec des mots le bien-fondé de sa pensée, sans quoi son expression floue la rend nulle.

Un savoir général doit le pourvoir d’un jugement plus crédible sur le monde car la véracité d’une chose n’est valable que dans la qualité même du jugement qui la définit dans tous les angles possibles.

Il est besogneux, doit rompre la peur qu’il éprouve devant le monde invisible en l’investissant grâce à sa théorie pour dissiper l’angoisse.

Son existence est un sacrifice.

Sa science est une donation.

Il connaît les sentiments.

 

 

Il est sans cœur.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Par N.S - Publié dans : La liberté prisonnière
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Commentaires

Bonjour, Votre blog est agréable continuez. Je suis Graphiste, venez voir mon site. http://www.nicolaslizier.com/ Bonne continuation Nicolas
Commentaire n°1 posté par lizier nicolas le 21/02/2009 à 20h05

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